Note: ⭐️⭐️⭐️⭐
Le profil des auteurs

Boileau-Narcejac est la signature commune de deux écrivains français majeurs du roman policier : Pierre Boileau (1906-1989) et Thomas Narcejac (1908-1998). Leur collaboration, qui a duré près de quarante ans, a révolutionné le genre en créant le « roman de suspense », une synthèse entre l’intrigue classique et la psychologie.
Fiche technique
Époque : Année 50
Thématiques Clés :
- L’Usurpation d’identité : Le péché originel de Gervais. En volant la vie de Bernard, il pense voler sa chance, mais il ne fait qu’hériter d’un piège.
- Le Huis clos : L’essentiel de l’intrigue se passe entre quatre murs, créant une atmosphère de paranoïa.
- La domination féminine : Contrairement à beaucoup de polars de l’époque, ici, ce sont les femmes (les louves) qui détiennent le pouvoir et la cruauté.
- L’ironie du sort : Le fameux « tel est pris qui croyait prendre ».
Le résumé
Durant l’occupation en Allemagne, Gervais, un jeune adulte, fait la connaissance d’un certain Bernard qui lui raconte toute sa vie ; son enfance, ses relations et même ses échanges avec Hélène, sa marraine de guerre qu’il prévoit de rejoindre bientôt à Lyon.
Au cours du voyage, Bernard meurt d’un accident tandis que Gervais arrive à destination en usurpant l’identité de son ami.
Hélène le reçoit joyeusement mais pris dans une idylle, il devient la marionnette de trois femmes : Hélène, Agnès et Julia, la sœur de Bernard.
Sa future épouse, Hélène, enquêtait déjà sur la vie de Bernard, elle connaissait sa famille, sa fortune, elle aurait tout à gagner si elle devenait sa femme voire sa veuve.
Quand Gervais s’est mis sur son chemin, elle concocte un nouveau plan ; elle empoisonne sa soeur Agnès qui entretenait une amourette avec le pseudo-Bernard. Quand Gervais comprit ce que sa femme manigançait, il était déjà trop tard. Car son état de santé était très critique à cause du poison reçu à petites doses.
D’une main tremblante, il écrit une lettre pour tout expliquer afin que lumière soit faite sur cette affaire qui avait déjà trop duré.
Cette dernière remise à un inconnu sans timbre ne trouvera probablement jamais les yeux du procureur qui sous la demande d’Hélène était chargé des enquêtes précédentes.
À la dernière page, les yeux de Gervais se ferment. Il dort et j’ai la certitude qu’il ne pourra plus se réveiller.
Tel est pris qui croyait prendre.
Analyse croisée
L’identité comme une veste qu’on enfile : Chez Boileau-Narcejac, Gervais ment pour survivre et s’élever. L’identité n’est pas qu’un nom : c’est un passé. En prenant le nom de Bernard, Gervais prend aussi ses ennemis et ses dettes sans le savoir.
Le prédateur devenu proie : Gervais entre dans la maison de Lyon en pensant être le loup (l’escroc). Il se retrouve face à des louves bien plus féroces que lui.
Pourquoi lire ce livre ?
Pour l’ambiance : C’est un roman d’atmosphère. On sent le froid, l’humidité de Lyon et l’odeur du poison.
Pour la psychologie des louves : Le portrait de ces trois femmes est fascinant. Elles ne sont pas de simples méchantes, elles sont des stratèges de l’ombre, chacune avec ses blessures et son ambition.
Pour la leçon de suspense : Boileau-Narcejac est excellent dans l’art de montrer l’étau qui se resserre. Le lecteur étouffe en même temps que Gervais.
Carlile Perrin