Note: ⭐️⭐️⭐️⭐
Le profil de l’auteur

Douglas Kennedy est un écrivain américain né le 1er janvier 1955 à New York. Bien qu’américain, il est particulièrement apprécié en France et vit d’ailleurs entre Londres, Paris et Berlin.
Fiche technique
Époque : Tradition des grands romanciers réalistes américains.
Date de parution : 2001
Genre : Drame psychologique
Structure : Récit à double temporalité. Le livre commence par un prologue contemporain (les funérailles) qui sert d’élément déclencheur pour plonger dans un long récit rétrospectif débutant en 1945.
Style : Une narration dense, « brodée de moult détails », privilégiant l’immersion émotionnelle.
Thématiques clés
- Le secret de famille comme poison : Le passé est présenté comme une entité qui s’est abstenue de raconter, créant un vide identitaire chez Kate.
- Le sacrifice maternel : L’intrigue suggère une remise en question de la maternité biologique contre la maternité de cœur (Sara contre Kate).
- L’amour sous tension historique : La rencontre entre Sara et Jack n’est pas qu’une romance ; elle est percutée par la grande Histoire (le New York de 1945, la paranoïa politique).
- Le mensonge protecteur : Le livre interroge la limite entre mentir pour trahir et mentir pour protéger.
Le résumé
Aucune partie du livre n’atteste l’existence du bonheur. C’est une histoire des plus agitée qui m’a reçue. Qu’est-ce que le passé s’est abstenu de raconter ? Le récit est construit avec moult détails. Douglas Kennedy a brodé une intrigue tant captivante que poignante. Je suis de celles qui pleurent quand l’atmosphère devient tendue. «La poursuite du bonheur » donne la parole à deux voix, à deux générations. Cette histoire a provoqué autour d’elle une véritable folie tant la tension est intense. Cette dernière met en scène Sara et Kate Malone.
Pourquoi dévisageait-elle autant Kate lors des funérailles de sa mère ? Pourquoi laquelle femme tient-elle à lui parler ? Quelles sont les raisons qui poussent cette femme à être aussi protectrice envers elle ?
Manhattan, 1945, le village de Greenwich accueille la fête d’Eric Smythe, dramaturge qui enregistre de temps à autre quelques succès. Une folle soirée qui débouche sur la rencontre de Sara Smythe, sœur d’Eric et de Jack Malone, alors journaliste de l’Armée américaine.
À eux deux, ils vont bâtir une bouleversante histoire où querelles, mensonges, séparation sont les seuls invités.
Sara est-elle la véritable mère de Kate ? Pourquoi lui avoir légué ses biens ?
La fin m’a laissée à court de mots. J’ai porté plein de jugements avant de refermer le livre et ce qui m’a tout bonnement choquée, c’est d’avoir imaginé une fin moins douloureuse, me sourire.
Analyse croisée
Le lien avec la tragédie grecque : L’histoire de Sara et Jack ressemble à une fatalité. Malgré leurs efforts, les « mensonges et séparations » semblent être des invités inévitables, comme si leur destin était écrit d’avance.
L’écho avec la littérature du secret (ex: Le Liseur de Bernhard Schlink) : On retrouve cette structure où une jeune génération doit reconstituer le puzzle d’une vie entière pour comprendre qui était vraiment la personne disparue.
L’ironie du titre (Référence politique) : Kennedy détourne la Constitution américaine (qui garantit “the pursuit of happiness”) pour montrer que dans la réalité, cette poursuite est souvent une course effrénée vers la désillusion.
Pourquoi lire ce livre ?
- Pour son architecture émotionnelle : Le passage de la folie de la fête à Greenwich Village à la douleur de la fin crée un ascenseur émotionnel rare.
- Pour la remise en question du lecteur : Le livre nous pousse à porter des jugements hâtifs pour mieux nous piéger. Il nous force à l’empathie plutôt qu’à la condamnation.
- Pour l’exploration de la douleur : Ce n’est pas un livre sur le bonheur, mais sur la résilience. C’est une lecture pour ceux qui acceptent que la littérature puisse briser le cœur pour mieux éclairer l’esprit.