{"id":558,"date":"2024-05-20T00:23:10","date_gmt":"2024-05-20T00:23:10","guid":{"rendered":"https:\/\/carlileperrin.com\/mag\/?p=558"},"modified":"2024-05-20T00:55:43","modified_gmt":"2024-05-20T00:55:43","slug":"ma-main-est-une-phrase-feguerson-thermidor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carlileperrin.com\/mag\/ma-main-est-une-phrase-feguerson-thermidor\/","title":{"rendered":"Ma main est une phrase, Feguerson Thermidor"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>1) Entre 50-20, qu\u2019avez-vous voulu dire au deuxi\u00e8me po\u00e8me ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Entre 50-20 ce qui reste est un cri de n\u00e8gres qui se faufile dans le sang \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois que c&#8217;est L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor qui a dit : \u00ab Les math\u00e9matiques sont la po\u00e9sie des Sciences \u00bb. Dans les math\u00e9matiques, il y a tout un univers artistique qui relie l&#8217;harmonie et l&#8217;esth\u00e9tique. Donc si elles \u00e9taient un genre litt\u00e9raire, ce serait la po\u00e9sie vu que ses d\u00e9marches promeuvent tout ce qui est beau et original.&nbsp; Donc on peut penser po\u00e9sie avec les math\u00e9matiques. Toutes ayant la m\u00eame finalit\u00e9, faire le beau et \u00eatre utile.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2) Comment arrivez-vous \u00e0 concilier la douleur et l\u2019amour dans un seul et m\u00eame po\u00e8me ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout d&#8217;abord, dans ce recueil, ma po\u00e9sie est faite de douleur.&nbsp; Elle est d&#8217;une esth\u00e9tique que je nomme ESTH\u00c9TIQUE DE LA DOULEUR. Je d\u00e9cris une r\u00e9alit\u00e9 lugubre, sanglante, triste. Je parle aussi de l&#8217;amour, l&#8217;amour d&#8217;une ville, d&#8217;un pays et de la femme et par la suite je cherche \u00e0 mettre une \u00e9tiquette d&#8217;esth\u00e9tique dedans. Voil\u00e0 comment douleur et amour cohabitent. Et les lecteurs et lectrices, vu la dimension de l&#8217;esth\u00e9tique, lors d&#8217;une premi\u00e8re lecture, ne se rendent pas compte de la fragilit\u00e9 de la douleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite au moment o\u00f9 j&#8217;\u00e9crivais ce recueil, je vivais \u00e0 Port-au-Prince. Et tout ce que j&#8217;\u00e9cris est tatou\u00e9 et teint\u00e9 de la souffrance de cette ville.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3) \u00c0 quel moment, avez-vous \u00e9crit le po\u00e8me qui abrite : \u00ab Dans mon pays bless\u00e9 par le temps, J\u2019ai bu tant de r\u00eaves aux hanches cass\u00e9es \u00bb ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout commence \u00e0 partir du chaos qui s&#8217;\u00e9tend sur tout le territoire plus particuli\u00e8rement \u00e0 Port-au-Prince&#8230;M\u00eame si cette po\u00e9sie est g\u00e9n\u00e9ralement faite \u00e0 la premi\u00e8re personne, il s&#8217;agit d&#8217;un je NOUS, un je pluriel. C&#8217;est la situation des milliers d&#8217;Ha\u00eftiens qui &nbsp;regardent leurs r\u00eaves d\u00e9filer et se briser en morceaux&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Une ville: tout devient douleur et souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4) \u00c0 quelle cat\u00e9gorie appartient votre po\u00e9sie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On laisse ce travail aux critiques litt\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5) Quelle place occupe la femme dans votre po\u00e9sie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je pense qu&#8217; il est loin, dans ce recueil, de penser \u00e0 donner \u00e0 la femme une fonction, mais il a \u00e9t\u00e9 toujours question d&#8217;utiliser le corps de la femme comme pr\u00e9texte pour confectionner mes po\u00e8mes<\/p>\n\n\n\n<p><strong>6) Sur une \u00e9chelle de 1 \u00e0 10, \u00e0 quel niveau se trouve la sexualit\u00e9 dans votre po\u00e9sie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s&#8217;agit pas de l&#8217;acte sexuel ni de son accomplissement. J&#8217;utilise, dans quelques passages du livre, certaines parties du corps de la femme comme pantalonnade pour affiner ou peaufiner mes po\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>7) Vous aimez bien les mots Nombril et Kalachnikov, pourquoi ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et si je dis tout b\u00eatement j&#8217;aime le nombril des femmes. Tout passe par l\u00e0. \u00c0 cette position, je me sens au centre du monde. Tout est clair et net.<\/p>\n\n\n\n<p>Kalachnikov pour d\u00e9crire ce qui se passe \u00e0 Port-au-Prince : cette ville inhabitable&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Et Comment raconter la douleur de Port-au-Prince sans parler du nombre de fois o\u00f9 je me suis heurt\u00e9 dans les rues \u00e0 des cadavres. Il y a toujours un jeune gar\u00e7on qui baigne dans son sang. C&#8217;est vraiment une ville de Kalachnikov.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>8) Quand avez-vous commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai toujours \u00e9t\u00e9 dans l&#8217;urgence d&#8217;\u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pour mieux comprendre mon entr\u00e9e dans le domaine litt\u00e9raire, il faut plonger dans mon enfance. Elle a \u00e9t\u00e9 malmen\u00e9e par deux grands \u00e9v\u00e9nements: primo : le passage du cyclone Jeanne o\u00f9 je suis rest\u00e9 debout sous la pluie et sous une dalle pendant environ deux nuits sans rien manger, regardant des objets-meubles et des \u00eatres humains que l&#8217;eau ha\u00efssablement transportait.<\/p>\n\n\n\n<p>Secundo : quelques mois plus tard, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin &nbsp;du mouvement <em>grenn nan bouda<\/em> (GNB) qui a forc\u00e9 le d\u00e9part de l&#8217;ex-pr\u00e9sident Jean Bertrand Aristide. Depuis ce temps, tous mes souvenirs d&#8217;enfance, ce sont des souvenirs de balles et de cartouches. Donc je re-cherche un endroit s\u00fbr pour pleurer et mieux habiter ma douleur et mes blessures. L&#8217;endroit s\u00fbr que je cherchais n&#8217;\u00e9tait&nbsp; autre que la po\u00e9sie. Depuis ce temps sous une forme ou&nbsp; une autre, la po\u00e9sie vit en moi et je vis aussi en elle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>9) La po\u00e9sie est-elle une activit\u00e9 rentable ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle a donc sauv\u00e9 ma vie. Elle me permet de v\u00e9crire (vivre et \u00e9crire).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>10) \u00c0 quel moment \u00e9crivez-vous habituellement ? Au cours de la journ\u00e9e ? Le soir ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Majorit\u00e9 de mes po\u00e8mes, je les ai \u00e9crits le soir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Carlile Perrin<\/strong><br><strong>Carlile Perrin Magazine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1) Entre 50-20, qu\u2019avez-vous voulu dire au deuxi\u00e8me po\u00e8me ? \u00ab Entre 50-20 ce qui reste est un cri de n\u00e8gres qui se faufile dans le sang \u00bb. Je crois que c&#8217;est L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor qui a dit : \u00ab Les math\u00e9matiques sont la po\u00e9sie des Sciences \u00bb. Dans les math\u00e9matiques, il y a tout un univers artistique qui relie l&#8217;harmonie et l&#8217;esth\u00e9tique. Donc si elles \u00e9taient un genre litt\u00e9raire, ce serait la po\u00e9sie vu que ses d\u00e9marches promeuvent tout ce qui est beau et original.&nbsp; Donc on peut penser po\u00e9sie avec les math\u00e9matiques. 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