L’année 2024 qui doit tirer sa révérence dans quelques semaines a été et est encore lourde en émotions pour certains. Tristes souvenirs, témoignages poignants et grand espoir en l’avenir, nous avons rencontré trois familles et avons interviewé un membre dans chacune d’elles, issu de domaines différents. Des fêtes de fin d’année à l’insécurité, ils en parlent sans dissimulation.

Le directeur du Centre culturel Brésil-Haïti Werner Garbers Elias Pereira plus connu sous son nom de scène Neno Garbers dit remarquer, depuis près de 10 ans qu’il vit en Haïti, que les Haïtiens ont une façon particulière de célébrer les fêtes de fin d’année : « Nan peyi Brezil, se moman pou nou rete an fanmi, an Ayiti, mwen wè moun yo plis renmen soti, vizite zanmi ak fanmi ». Celui qui affirme ressentir un grand manque quand il ne rentre pas au Brésil soutient qu’à Noël, espoir et solidarité font un : « Menm gwoup ame yo konn pran poz pou kite popilasyon an fete ».

Pour Lauri Hakimi Noel, 13 ans, les fêtes sont toujours très attendues : « Apre lè m fin konpoze, mwen toujou ap veye kado Nwèl mwen pou bèl mwayèn mwen pral bay paran m. » Élève de 7e année de l’Institution Les petits génies qui dit vivre avec sa mère et son beau-père, elle soutient que c’est aussi le moment de manger en famille et d’inviter des amis.

Magalie Boileau, pour sa part, qui a récemment fêté son 50e anniversaire, mère de 3 filles et grand-mère d’une fille et d’un garçon, croit que les fêtes de fin d’année ont cessé d’exister depuis assez longtemps : « Se depi sou Jean-Claude Duvalier mwen wè yon bon Nwèl. Lè sa matant mwen Caprice te konn al nan sinema plizyè kote. Nan “ Capitol ” tou pre channmas ak “ Cabanon ” epi “ Étoile ” nan Petyonvil. Ak 100 goud ou peye fim nan epi achte pòp kòn ak koka. »

Si les fêtes de fin d’année restent l’une des plus grandes célébrations annuelles, cette année avec l’insécurité qui sévit notamment dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, les discours divergent.

Lauri Hakimi Noel assure que : « Nenpòt jan sa ye, fò n fete. Yon fèt ret yon fèt menmsi se lakay nou, nou fete l. » De surcroît, l’adolescente révèle vivre dans la peur car habitant Juvénat à Pétion-Ville, les tirs nourris certaines fois la perturbent et l’empêchent de se concentrer sur ses études.

Selon le brésilien d’origine Neno Garbers, le Centre culturel Brésil-Haïti sera fermé pour les fêtes car généralement les activités ont peu de succès : « tout kote gen pwogram » mais il prévoit toutefois de participer à d’autres.  Il est à souligner que le chanteur du groupe Motif dit avoir perdu beaucoup d’opportunités professionnelles à cause du climat instable qui s’est installé : « Mwen te konn jwe nan Otèl Oasis nan peryòd Nwèl epi òganize lòt aktivite tou sou entelijans emosyonèl epi terapi literè. »

Au-delà de tout ce que l’on pourrait reprocher à 2024, ils sont unanimes à penser que l’année a été spéciale et y avoir appris à s’adapter à toutes les situations. Lauri Hakimi Noel suit des cours en ligne et Neno Garbers réalise des activités en ligne.

En outre, selon le numéro 1 du Centre culturel Brésil-Haïti, 2024 a permis et permet encore de resserrer les liens et d’être solidaires, une approche que Lauri partage : « Mwen pase plis tan ak fanmi m. Paran m pa al travay, nou gade tele epi ale legliz ». Magalie Boileau, quant à elle, est très sceptique néanmoins elle souhaite retourner à l’église comme avant.

Les fêtes de fin d’année et l’insécurité ne devraient pas marcher ensemble mais ce qui est sûr, c’est que la période des fêtes réchauffera les cœurs et apportera un brin d’espoir à ceux qui vivent dans la peur.

     Carlile Perrin

www.carlileperrin.com     

Nb : Mis en ligne dans le cadre d’un devoir à la faculté                                                                                                        

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