Note: ⭐️⭐️
Le profil de l’auteure
Marie Darrieussecq est une écrivaine française. Elle a été élevée dans un petit village du Pays basque auquel elle est très attachée. Elle intègre l’ENS en 1990 et poursuit ses études de littérature à Paris III et Paris VII. Lauréate de l’agrégation de Lettres en 1992, elle occupe un poste de chargé de cours à l’Université de Lille de 1994 à 1997 tout en travaillant sur sa thèse. C’est pendant cette période qu’elle rédige son premier roman Truismes qui paraît en 1996. Traduit dans 40 pays, il connaît un succès mondial.
Fiche technique
Époque : La fin du millénaire
Thématiques clés
- La Réification de la femme : L’héroïne est d’abord un corps. Sa métamorphose en truie n’est que la matérialisation de la manière dont la société la traite déjà : une chair à consommer.
- Le Langage et l’Aliénation : La narratrice manque de vocabulaire pour décrire son mal-être.
Le résumé
Un titre qui cache la réalité de plus d’un. J’avais une envie comme qui dirait bizarre d’aller mettre mon nez là-dedans. Ce roman n’est pas la lecture que j’avais souhaitée, j’ai payé ma curiosité au prix fort. Tout au long de ce roman, à mon sens, arrosé de surprises désagréables, j’essayais tant bien que mal de réunir mes idées pour le terminer. Une fois la dernière page refermée, j’ai soufflé un grand coup…
L’auteur fait mourir ses personnages, les maltraite avec intérêt. Cette femme n’est pas le genre que l’on trouverait à tous les coins de rue, dignement belle, un physique qui envoûte les hommes et vocifère les femmes. Engagée dans une parfumerie, elle est obligée de satisfaire les désirs de tous sans aucune vergogne. Elle se voit au fil du temps, en apparence d’une truie…Les étapes de cette transformation suffisamment létales se détériorent au regard de la situation actuelle du récit où politiciens, hommes d’affaires, grands noms font l’effet d’une bombe. À la mort de son petit ami Yvan, le seul qui aimait la cochonne qu’elle est, mort dont est responsable sa mère, elle fait de la vengeance son bouclier ; tue sa mère et libère les frères engendrés par l’espèce qu’elle est devenue. Égarée dans la nature, à chaque fois qu’elle reprenne une forme plus ou moins humaine, elle écrit son histoire…
Il est des expériences de la vie qui peuvent tuer votre humanité.
Analyse croisée
Avec La Métamorphose de Kafka : Là où Gregor Samsa devient un insecte inutile et s’isole, la transformation de la narratrice de Truismes est cyclique et liée à sa sexualité et à son environnement. Chez Kafka, l’exclusion est tragique ; chez Darrieussecq, elle finit par être libératrice.
Pourquoi lire ce livre ?
Pour le choc esthétique : C’est une lecture qui ne laisse pas indemne. Elle interroge notre propre dégoût et notre rapport à la normalité.
Pour la dénonciation de l’hypocrisie : Le roman montre comment les puissants (hommes d’affaires, politiciens) cachent leur propre bestialité sous des costumes élégants, tandis que la narratrice est punie physiquement par sa transformation.
Une réflexion sur la liberté : La fin du livre suggère que la seule liberté possible pour cette femme est en dehors de l’humanité, dans une forme d’animalité pure, loin de la corruption des villes.
Carlile Perrin

