Le titre m’a d’abord fait penser à la remarquable chanson de Hervé Vilard, « Capri c’est fini », qui tout au long de mon enfance et de mon adolescence a tissé les toiles les plus sombres dont la nostalgie et le regret. L’incipit me met en face de deux Français, l’un, Jacques d’Adelsward-Fersen, âgé de 17 ans, et l’autre, Robert de Tournel, d’une trentaine d’années.
La conversation qui a habillé les premiers instants fait partie de celles qui donnent envie de faire fond sur l’inconnu. De la noblesse aux sujets mondains, des vieux souvenirs qui parlent fort aux projets d’avenir, un échange savant prend chair sous un ciel fermé par le froid.

1900, Oscar Wilde venait de mourir et Robert était loin. Jacques commençait ses études de Droit, sa carrière littéraire et il recevait des félicitations pour ses fiançailles avec Mademoiselle Maupeou. Au même instant, des journaux relataient un scandale parisien. Le baron (Jacques) a été arrêté à 23 ans car il attirait de tout jeunes garçons dans sa garçonnière et s’y livrait à de véritables saturnales.
Les rumeurs faisaient mouches ; les proches de Jacques cherchaient une excuse, mais, cousue de fil blanc, le baron n’a pas trouvé grâce aux yeux des gens. Selon le médecin aliéniste, l’inculpé n’est pas délirant, encore moins un inverti sexuel. Face à la réalité, Jacques se meurt et s’exile à Capri. Le riche hériter français rejoint dès lors un lieu qui abrite une importante communauté homosexuelle.
À Capri, le baron n’a pas abandonné sa vie libertine. C’est d’ailleurs le début d’une longue aventure, mal vue par les plus conservateurs, empreinte d’amour, de tendresse et de chagrin. Dans le roman, Peyrefitte peint une galerie de personnalités influentes tout droit sorties de la communauté homosexuelle du 20e siècle.
Carlile Perrin
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