Note: ⭐️⭐️⭐️⭐
Le profil de l’auteure
Benoîte Groult (1920-2016) était une figure majeure du féminisme français du XXe siècle, romancière et journaliste de renom.
Fiche technique
Époque : Année 80
L’amour hors-sol : George et Gauvain ne vivent pas ensemble. Leur amour ne connaît pas la routine, les factures ou l’éducation des enfants. C’est un amour de rendez-vous.
La barrière sociale et culturelle : Elle est intellectuelle parisienne, il est marin breton. Ils n’ont rien en commun, sauf l’essentiel : une alchimie physique et émotionnelle indestructible.
Le corps vieillissant : Le livre suit les amants de leurs 18 ans jusqu’à la vieillesse, montrant que le désir ne s’éteint pas avec les rides.
La déconstruction des tabous : Groult ose dire que l’on peut aimer son mari et, parallèlement, vivre une passion vitale avec un autre.
Le résumé
Je n’ai jamais lu un texte aussi délibéré. L’auteure a déconstruit, en un roman, des stéréotypes sur l’amour, sur le sexe… C’est un livre qui ne me parlait pas vraiment. D’ailleurs, il dort sur mes étagères depuis des mois ; cependant, une fois l’avoir lu, mes yeux se sont ouverts davantage sur certains tabous qu’impose la société.
Émotions mêlées à la passion. Par une belle soirée de 1948, deux cœurs se sont liés, deux corps se sont dit oui en un battement de cils. Benoîte Groult nous fait vivre une vraie histoire d’amour, elle nous fait voyager entre des décennies.
George sans s comme George Sand, touriste parisienne, s’est laissée conquise non seulement par le ciel de Concarneau mais aussi par Gauvain, marin et breton. Gauvain est le garçon de son enfance, l’amoureux de son adolescence et même l’homme de sa vie.
Après cette fameuse soirée de 1948 à faire l’amour, George, âgée de 18 ans, et Gauvain, son aîné de plusieurs années, se sont séparés. C’est une séparation que je croyais définitive dans la mesure où chacun a, de son côté, bâti une vie. Mariés et parents tous les deux, je n’avais pas vu ce revirement venir. Ils étaient sans conteste loin des yeux mais près du cœur.
George est écrivaine et professeure de lettres et Gauvain marin jusqu’à la retraite. Les amoureux ont passé des dizaines d’années à vivre leur amour dans le plus grand secret, plusieurs villes dont Montréal ont été témoins de leur partie de jambes en l’air, de leurs rires qui n’en finissaient pas… Ils ont connu un amour véritable. Un amour sans limites.
L’histoire s’achève aux funérailles de Gauvain. Pendant que Marie-José pleure le départ du père de ses enfants, George, elle pleure la mort du premier et du dernier homme de sa vie. Celui qu’elle ne cessera jamais d’aimer.
C’est un livre superbe qui passionne. Une auteure exceptionnelle que je vous invite à lire.
Analyse croisée
La temporalité : Le souffle long. Le temps valide la force de leur lien : ce n’est pas un caprice, c’est une vie parallèle.
Pourquoi lire ce livre ?
Pour la fin bouleversante : La scène de funérailles est l’une des plus poignantes de la littérature contemporaine. Elle souligne la solitude de l’autre femme, celle qui possède le cœur mais n’a pas de place officielle.
Pour sa liberté de ton : C’est un livre qui décomplexe. Il nous dit que l’amour est multiple et qu’il n’y a pas de mauvaise façon d’aimer si les deux partenaires sont d’accord.
Carlile Perrin

