Note: ⭐️⭐️⭐️⭐️
Le profil de l’auteure
Flora Groult (1924–2001) était une écrivaine et journaliste française, particulièrement reconnue pour ses engagements féministes et ses œuvres co-écrites avec sa sœur, Benoîte Groult.
Fiche technique
Époque : Le livre paraît en 1972. C’est l’époque de la libération des mœurs.
Thématiques clés :
- La pluralité des destins féminins : Le chiffre 11 n’est pas anodin ; il symbolise une humanité au féminin saisie dans toute sa diversité.
- La géographie de la solitude : Le voyage n’est pas une fuite, mais un miroir. On emporte ses regrets à Helsinki comme à Hong Kong.
- Le temps circulaire : Des conversations reprennent après des années sans aucune ride. Le temps ne détruit pas tout ; il suspend parfois les sentiments pour mieux les retrouver.
- Le refoulement et l’aveu : La lutte entre l’envie d’aimer et la peur de souffrir à nouveau
Le résumé
C’est une histoire où se rencontrent, se quittent, se perdent amour, nostalgie, haine et regrets. L’histoire de 11 destins, tous soumis au temps qui s’en va.
Elles sont jeunes ou vieillissantes, leurs étoiles n’avaient pas le droit de filer parce qu’elles en avaient trop besoin. Dans le roman de Flora Groult, des femmes se cherchent, prennent des décisions. Ces dernières ont aimé, aiment encore et refoulent leur envie d’amour.
Des rêves se réalisent, des conversations commencées depuis plusieurs années reprennent sans aucune ride. De Hong Kong à Helsinki, de Rome à New York, Flora fait cas d’un lot d’incertitudes au beau milieu de 11 vies inconnues les unes des autres.
Analyse croisée
- L’universalité par l’anonymat : C’est le principe même du roman choral : le lecteur-la lectrice est le seul point de rencontre. Cette structure montre que, malgré l’éloignement géographique, les femmes partagent un lot d’incertitudes commun. La souffrance d’une femme à Rome fait écho à celle d’une autre à New York, créant une sororité invisible.
- La métaphore des étoiles filantes : Leurs étoiles n’avaient pas le droit de filer. Cette image poétique montre l’urgence de vivre. Pour ces femmes, le bonheur n’est pas un acquis mais une lumière fugitive qu’elles tentent de retenir. Le roman pose la question : comment garder l’espoir quand le temps s’obstine à passer ?
- La permanence du lien : L’idée que des conversations reprennent sans rides après des années suggère que si le corps vieillit, l’esprit et la parole peuvent rester intacts. Flora Groult explore ici la mémoire affective : certains liens sont plus forts que la chronologie.
Pourquoi lire ce livre ?
- Pour sa structure moderne : Si vous aimez les films ou les livres où plusieurs histoires finissent par résonner ensemble, ce roman est un précurseur du genre.
- Pour son voyage sensoriel : C’est un livre-monde. Il offre une évasion géographique tout en restant ancré dans l’intimité la plus profonde.
- Pour la justesse du ton : Flora Groult évite le mélodrame. Elle décrit la haine, les regrets et l’amour avec une élégance et une sobriété qui rendent les émotions d’autant plus poignantes.
Carlile Perrin

