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Le Massacre de 1937, Suzy Castor

Note: ⭐️⭐️⭐️⭐️

Le profil de l’auteure

Suzy Castor, née en 1936, est une figure majeure de la vie intellectuelle et militante en Haïti.

Fiche technique

Époque : Années 70

Thématiques clés

Le résumé

«…Ils nous ont attachées par groupe de six et nous ont conduites à un bois pour nous tuer à coups de machette », témoigne Marguerite Pierrot, l’une des malheureuses victimes du Massacre de 1937. Ce livre qui apporte avec lui rancœur et tristesse, a longtemps dormi sur mes étagères. Cousue en Haïti, la République dominicaine revient, ces derniers temps, sur la table avec son impertinence qui nous est coutumière et a réveillé en moi l’envie de remonter le temps.

Si j’ai longtemps fui la lecture de l’essai de la célèbre historienne Suzy Castor, c’est à cause de mon caractère sensible. Dès le matin de l’histoire, j’ai vu grandir en moi un sentiment de frustration. On parle d’un massacre perpétré contre des Haïtiens. « Selon diverses sources d’information, ce nombre oscillerait entre 1000 et 25 000 morts si l’on élimine au départ, certains chiffres évidemment exagérés » a indiqué l’historienne dans l’ouvrage.


Officiellement, c’est un acte de génocide ayant pour causes, d’abord, la démarcation de la frontière (un problème historique), ensuite le phénomène migratoire et enfin les facteurs raciaux et culturels.
Le Massacre de 1937 : les relations haïtiano-dominicaines est une lecture que je recommande à tous les Haïtiens d’ici et d’ailleurs particulièrement les jeunes désireux de renouer avec le passé qui nous a donné le présent.

Analyse croisée

Le traumatisme du témoignage (Marguerite Pierrot) : L’utilisation de témoignages directs par Suzy Castor sert à briser la froideur des statistiques (de 1 000 à 25 000 morts). En donnant une voix à Marguerite Pierrot, l’historienne transforme le lecteur en témoin. La cruauté du mode opératoire (la machette pour économiser les balles et masquer l’implication de l’armée) souligne la volonté de déshumaniser la victime.

Les racines du mal : Le massacre n’est pas un accident de parcours. Castor explique comment le racisme anti-noir a été instillé pour créer une « peur de l’Haïtien ». C’est ce que les historiens appellent l’antihaitianismo. Ce n’est pas seulement une question de peau, c’est une construction politique destinée à souder la nation dominicaine contre un ennemi commun.

L’impertinence actuelle et le cycle de l’histoire : Tant que les racines idéologiques du massacre de 1937 ne sont pas déconstruites, les tensions cycliques persisteront. Le passé donne le présent car les structures de rejet n’ont pas totalement disparu.

Pourquoi lire ce livre ?

Carlile Perrin

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