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La vie mensongère des adultes, Elena Ferrante

Note: ⭐️⭐️⭐️⭐️

Le profil de l’auteure

Elena Ferrante est le pseudonyme d’une romancière italienne célèbre, née probablement à Naples en 1943, dont l’identité réelle demeure secrète. Mondialement connue pour la saga L’Amie prodigieuse, son œuvre explore les relations féminines complexes, la maternité et l’identité, enracinée dans un Naples réaliste et violent.

Thématiques clés :

Le résumé

C’est une histoire qui met à nu le passage de l’enfance à l’adolescence de Giovanna.

Le récit est construit sur des thèmes forts : beauté, laideur, amour douloureux, richesse, mensonge et trahison.
Giovanna, fille unique d’un couple qui semblait être amoureux, a 12 ans. Un jour, elle surprend une conversation dans laquelle son père, son super-héros, la compare à Vittoria.

De cette femme, son père avait toujours campé un tableau aussi déshonorant que détestable. Piquée par la curiosité, l’adolescente se donne pour objectif d’apprendre à connaître sa tante. Elle se décide même à devenir pire qu’elle.
Ce qui ne restera pas sans conséquences, car depuis cette fameuse soirée, Giovanna a perdu toute confiance en elle et son comportement est à blâmer.

Mes impressions
À un moment, j’ai senti un niveau trop élevé de dégradation personnelle chez la protagoniste. Giovanna, dénuée de raison, fait tout ce qu’elle peut pour exposer sa soi-disant laideur physique et morale. Cependant, j’ai appris aussi qu’en grandissant, les enfants ont du mal à s’adapter à la réalité qui les entoure.
Ce n’est plus le conte de fées qu’on leur racontait, ce sont les problèmes, le vécu, les vérités.
J’ai adoré cette lecture mais je n’ajouterai pas ce titre à la liste des livres que je relirai.

Analyse croisée

Le langage comme arme de trahison : Le roman s’ouvre sur une phrase qui agit comme un venin : « Deux ans avant de quitter la maison, mon père dit à ma mère que j’étais très laide.» Ce n’est pas l’image du miroir qui change Giovanna, c’est le regard et la parole de son père. Le langage cultivé des parents cache en réalité une violence psychologique extrême.

L’autodestruction comme émancipation : Giovanna cherche la dégradation. C’est une forme de rébellion radicale. Si le monde des gens bien (ses parents) est basé sur le mensonge, elle préfère être mauvaise mais vraie, à l’image de sa tante Vittoria.

Pourquoi lire ce livre ?

Pour comprendre la fin de l’innocence : Ce n’est pas un livre douillet. On le lit pour comprendre que grandir, c’est souvent apprendre à voir les fissures derrière le papier peint de notre enfance.

Pour sa psychologie chirurgicale : Ferrante dissèque les pensées les plus honteuses de l’adolescence, celles qu’on n’ose pas s’avouer.

Pour la découverte de Naples : Loin des cartes postales, le livre offre une immersion viscérale dans les contrastes de la ville.

Carlile Perrin

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