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La couleur de l’aube, Yanick Lahens

Note: ⭐️⭐️⭐️⭐

Le profil de l’auteure

lorientlejour

Yanick Lahens est une grande dame de la littérature haïtienne. Récompensée par de nombreux prix littéraires, dont le Femina en 2014 pour Bain de lune et le prix Carbet en 2020, à l’occasion du 30e anniversaire de sa fondation par Édouard Glissant, ses œuvres sont traduites dans le monde entier.

Fiche technique

Époque : XXIe

Thématiques clés :

Le résumé

Yanick, dans ce roman joliment écrit, montre l’horreur de la vie en Haïti. Ce livre décrit un pays tout de noir habillé. Fondé sur l’histoire réelle, ledit roman est une succession de drames.

Fignolé, personnage principal de ce récit poignant, est sorti un matin mais il n’est pas rentré chez lui. Angélique et Joyeuse, ses deux sœurs et sa mère, sont comme baignées dans un tourbillon où misère, peur, mal-être et dégoût se confondent. Les mots manquent à leurs émotions.

Yanick Lahens, à travers ce roman paru en 2008,  a écrit l’histoire d’une décennie plus tard. L’auteure dépeint, sans hésitation aucune, les années 2021 et 2022. Une Haïti sale et laide qui voit partir ses fils de la plus monstrueuse des manières.

Balles, agressions, kidnapping sont souvent le sort réservé aux  élèves, parents et professionnels. Ils  terminent leurs journées à la manière de Fignolé.

Nous vivons au quotidien une facette de la couleur de l’aube de Yanick Lahens.

Analyse croisée

La littérature comme miroir prémonitoire : L’insécurité que décrit Lahens est devenue le système dominant d’Haïti aujourd’hui. L’auteure a su capter les racines de la dérive : l’impunité, l’abandon des quartiers et la corruption. En lisant Lahens aujourd’hui, on comprend que le présent n’est que l’exacerbation d’un mal qui rongeait déjà le pays.

La déshumanisation par la violence : Fignolé ne disparaît pas seulement physiquement ; il devient un numéro, une rumeur, une ombre. Le roman montre comment la violence gratuite ôte aux individus leur nom et leur dignité. Les femmes de la famille, à travers leur quête, tentent de réinjecter de l’humanité là où il n’y a plus que de la statistique macabre.

Le silence et le cri : C’est là toute la force du style de Lahens : elle écrit le silence. Elle utilise une langue sobre pour décrire l’insoutenable, évitant le sensationnalisme pour mieux laisser transparaître la douleur brute.

Pourquoi lire ce livre ?

Carlile Perrin

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