Note: ⭐️⭐️⭐️⭐
Le profil de l’auteure
Virginia Woolf est l’une des figures de proue du modernisme littéraire et une pionnière du féminisme. Romancière et essayiste, elle voit le jour à Londres le 25 janvier 1882, mais exténuée par les heurts et l’incertitude, elle met fin à ses jours le 28 mars 1941.
L’avis
Amis lecteurs, j’ai, à présent, toute liberté de choisir mon tout premier livre de Virginia car j’ai terminé son fameux journal. Dans un certain sens, je suis touchée positivement par la vie de cette femme. C’est une remarquable femme que j’ai eu l’honneur de découvrir. Une perfectionniste, une exigeante et surtout une critique littéraire rigoureuse.
En lisant ce journal, j’ai appris à déceler ce qui se passe derrière les visages. Virginia aborde le suicide avec une légèreté étonnante. Elle a une vision de lui qui m’a, au premier abord, intriguée. « Souvent on regarde des yeux qui s’éclairent et s’éteignent », a-t-elle jeté sur un morceau de papier. Virginia m’a aussi fait aimer la belle relation qu’elle entretient avec son mari, Leonard, son éternel admirateur.
La semaine dernière, mes yeux ont lu : « le suicide est un appel au secours entendu trop tard. »
Et dans le cas de Virginia Woolf ?
Analyse croisée
La lecture du journal de Woolf enrichit ma bibliothèque de femmes d’exception :
- Parallèle avec La Vie sans fards (Maryse Condé) : Comme Maryse, Virginia refuse les faux-semblants. Mais là où Condé puise dans sa force pour continuer à voyager, Woolf choisit l’ultime voyage immobile pour préserver ce qui lui reste de dignité.
- L’écho de la solitude (Romuald Giulivo) : On retrouve cette solitude de l’âme, même entourée d’un amour immense. Comme le fils de la présentatrice dans Là-bas, Virginia se sent parfois étrangère au monde qui l’entoure, même si elle en décrit les moindres nuances.
Pourquoi lire ce journal ?
Le message : Pour Virginia, le geste final semble différent. Ce n’était pas un cri pour attirer l’attention, mais un acte de lucidité douloureuse. Elle sentait les voix revenir, elle craignait de ne plus pouvoir écrire, de devenir une charge pour Leonard, son mari, qu’elle aimait tant. Sa lettre d’adieu est d’une tendresse infinie ; elle ne demandait pas d’être sauvée, elle demandait la paix pour elle-même et pour son entourage. Chez elle, le suicide est moins un appel qu’un retrait volontaire avant que la lumière ne s’éteigne.
Carlile Perrin

